15

Quelle est la plus profonde différence entre nous, entre vous et moi ? Vous la connaissez déjà. Ce sont ces fameux souvenirs ancestraux. Les miens me viennent dans la pleine lumière de la conscience. Les vôtres demeurent dans l’angle mort. Certains appellent cela instinct, ou destinée. Mais sur chacun de nous, sur nos pensées et sur nos actes, l’action de la mémoire ancestrale s’exerce comme un levier. Vous vous croyez immunisés contre ce genre d’influence ? Je suis Galilée. Je suis là qui vous crie : « Et pourtant, elle bouge ! » Et ce qui bouge est capable de concrétiser sa force d’une manière dont jusqu’ici aucun pouvoir mortel n’a jamais osé dériver. Or, je suis ici pour oser !

Les Mémoires Volés.

— Quand elle était petite, elle m’épiait toujours, tu te souviens ? Quand elle croyait que je ne faisais pas attention à elle, Siona m’épiait comme le faucon du désert qui décrit des cercles au-dessus du terrier où est cachée sa proie. C’est toi-même qui m’en as fait la remarque.

Tout en parlant, Leto avait fait rouler son corps d’un quart de tour sur le chariot, ce qui amena son visage encadré de replis tout près de celui de Moneo, qui trottait à côté de lui.

L’aube venait à peine de se lever sur le désert où la route suivait la haute crête artificielle qui conduisait de la Citadelle du Sareer à la Cité Festive. La route était rectiligne comme un rayon laser jusqu’au point où elle s’incurvait largement pour descendre, par une succession de gorges étagées, jusqu’au fleuve Idaho qu’il lui fallait traverser. Bien que l’atmosphère fût saturée de vapeurs épaisses qui montaient, au loin, du cours d’eau tumultueux, Leto avait relevé le capot-bulle qui isolait l’avant de son chariot. L’humidité communiquait à son moi vermiforme un vague sentiment de détresse, mais ces vapeurs du désert contenaient des senteurs vivantes que les narines humaines de Leto étaient à même de savourer. Il ordonna au cortège de faire halte.

— Pourquoi nous arrêtons-nous, Mon Seigneur ? demanda Moneo.

Leto ne lui répondit pas. Le chariot grinça tandis que l’Empereur-Dieu soulevait sa propre masse dans un mouvement semi-circulaire qui lui exhaussa la tête et lui permit d’apercevoir sur sa droite, au-delà de la Forêt Interdite, l’océan de Kynes dont la surface argentée miroitait avec la distance. Il pencha la tête vers la gauche, où se dressaient les vestiges du Bouclier, long serpent sinueux qui projetait son ombre basse dans la lumière du matin. La ligne de faîte, à cet endroit, avait été relevée de près de deux mille mètres de manière à retenir l’humidité de l’air à l’extérieur du Sareer ainsi circonscrit. De l’endroit où il se trouvait, Leto apercevait au loin l’encoche où il avait fait construire la Cité Festive de Onn.

— Je me suis arrêté par caprice, déclara enfin Leto.

— Ne serait-il pas préférable de passer le pont avant de nous reposer ? demanda Moneo.

— Je ne me repose pas.

Leto contemplait le lointain. Après une série d’ondulations qu’il ne voyait d’ici que comme une ombre sinueuse, la route franchissait le fleuve par un pont féerique, grimpait jusqu’à une contre-crête puis redescendait vers la cité dont on n’apercevait, à cette distance, que les tours pointues qui brillaient aux premiers rayons du soleil.

— Le Duncan semble plus paisible, déclara Leto. As-tu eu ta longue conversation avec lui ?

— Exactement comme vous me l’avez demandé, Mon Seigneur.

— Il est vrai que cela ne fait que quatre jours. Souvent, il leur faut plus longtemps pour se remettre.

— Il s’est occupé de la Garde Impériale, Mon Seigneur. Ils sont encore sortis très tard la nuit dernière.

— Les Duncan n’aiment pas marcher à découvert. Ils ne cessent de songer à tout ce qui pourrait être utilisé pour nous attaquer.

— Je le sais, Mon Seigneur.

Leto tourna la tête pour regarder Moneo de face. Le majordome portait un manteau vert sur son uniforme blanc. Il se tenait à côté du capot-bulle, à l’endroit exact ou il était censé se trouver lors de ces déplacements.

— Tu es très consciencieux, Moneo.

— Merci, Mon Seigneur.

Gardes et courtisans attendaient à une distance respectueuse en arrière du chariot. La plupart essayaient de ne pas avoir l’air de chercher à écouter ce que disaient Leto et Moneo. Tel n’était pas le cas de Idaho, cependant. Après avoir déployé quelques-unes de ses Truitesses de part et d’autre de la Route Royale, il gardait les yeux fixés sur le chariot. Idaho portait un uniforme noir à liseré d’or que les Truitesses, d’après Moneo, avaient tenu à lui offrir.

— Celui-là leur plaît beaucoup, déclara le majordome. Quand il fait quelque chose, il le fait bien.

— Et que fait-il de particulier, Moneo ?

— Eh bien ! il vous garde, Mon Seigneur.

Les femmes de la Garde portaient toutes des collants-uniformes de couleur verte, ornés sur la poitrine du faucon rouge des Atréides.

— Elles l’observent de très près, fit remarquer Leto.

— En effet. Il leur apprend à obéir à d’imperceptibles signes des mains. Il dit que c’est la tradition des Atréides.

— C’est absolument exact. Je me demande pourquoi les autres ne faisaient pas cela.

— Mon Seigneur, si vous-même l’ignorez…

— Je plaisantais, Moneo. Les précédents Duncan ne se sentaient pas menacés, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Celui-ci a-t-il accepté nos explications ?

— Il paraît que oui, Mon Seigneur. Il est bien parti pour vous servir.

— Pourquoi ne le vois-je armé que d’un poignard ?

— Les femmes ont réussi à le persuader que seules les plus entraînées d’entre elles doivent porter un laser.

— Ta prudence n’est pas fondée, Moneo. Dis-leur que c’est encore bien trop tôt pour que nous commencions à nous méfier de lui.

— A vos ordres, Mon Seigneur.

Il était évident pour Leto que le nouveau capitaine de ses Gardes n’aimait pas beaucoup la compagnie des courtisans. Il les évitait ostensiblement. La plupart d’entre eux, lui avait-on expliqué, étaient de hauts fonctionnaires civils. Ils étaient parés de leurs plus beaux atours pour cette occasion de briller et de montrer leur puissance en présence de l’Empereur-Dieu. Leto voyait très bien à quel point ils devaient paraître ridicules aux yeux de Idaho, mais il avait connu pire en la matière et il n’était pas loin d’estimer que le présent cortège représentait une amélioration sur les précédents.

— Est-ce que tu l’as présenté à Siona ? demanda-t-il.

A la mention de ce nom, les sourcils de Moneo se figèrent en accents circonflexes.

— Calme-toi, lui dit Leto. Même quand elle m’espionnait, je la chérissais.

— Je sens le danger en elle, Mon Seigneur. J’ai l’impression, parfois, qu’elle perce mes pensées les plus secrètes.

— La fille avisée connaît bien son père.

— Je ne plaisante pas, Mon Seigneur.

— Je vois ça. As-tu remarqué que le Duncan perd patience ?

— Ils sont allés en reconnaissance presque jusqu’au pont.

— Et qu’ont-ils découvert ?

— La même chose que moi. Quelques Fremen de musée.

— Encore une requête ?

— Ne vous fâchez pas, Mon Seigneur.

Une fois de plus, Leto scruta la route. Cette obligation de s’exposer à découvert, cet interminable voyage avec tout son cérémonial destiné en grande partie à tranquilliser les Truitesses, tout cela le préoccupait. Et à présent, encore des quémandeurs !

Idaho s’avança et s’arrêta juste derrière Moneo.

Il y avait dans ses mouvements comme l’ombre d’une menace. Tout de même pas si tôt, songea, Leto.

— Pourquoi nous sommes-nous arrêtés, Mon Seigneur ? demanda Idaho.

— Je m’arrête souvent ici, dit Leto.

C’était la vérité. Il pencha la tête pour regarder au-delà du pont féerique. La route sinuait en quittant les gorges pour descendre vers la Forêt Interdite puis les champs qui bordaient le fleuve. Leto s’était souvent arrêté là pour contempler le lever du soleil. Il y avait cependant quelque chose dans cette lumière matinale, dans la manière dont le soleil baignait un paysage familier… quelque chose qui remuait en lui de vieux souvenirs.

Les champs des Plantations Impériales s’étendaient à perte de vue après la forêt et, lorsque les rayons du soleil avaient pu plonger au-dessus des crêtes lointaines, ils avaient fait resplendir l’or des blés ondoyants. Ces cultures rappelaient à Leto les étendues de sable, les dunes qui jadis avançaient à cet endroit même.

Et qui avanceront encore.

Les blés n’avaient pas tout à fait cette couleur de silice ambrée qu’évoquait le désert dans son souvenir. Leto laissa longuement errer son regard sur les immensités protégées de son Sareer, sanctuaire de son passé. Les couleurs étaient sensiblement différentes. Pourtant, quand il regarda de nouveau en direction de la Cité Festive, il éprouva un serrement là où ses cœurs multiples étaient en train de se reformer, dans leur lente métamorphose en quelque chose de non humain.

Qu’y a-t-il de spécial dans cette matinée, pour qu’elle me fasse penser à mon humanité perdue ? se demanda Leto.

De tout le Cortège Impérial immobilisé devant le spectacle familier de la Forêt Interdite et des champs de blé, Leto n’ignorait pas qu’il était le seul à penser encore à ces paysages luxuriants comme à un bahr bela ma, un océan sans eau.

— Duncan, dit-il tout haut, tu vois toutes ces terres, là-bas, en direction de la Cité ? Jadis, c’était le Tanezrouft.

— Le Pays de la Terreur ?

Idaho avait trahi son émotion en portant vivement son regard sur la lointaine Onn, puis en le ramenant aussitôt sur l’Empereur-Dieu.

— Le bahr bela ma, acquiesça Leto. Voilà plus de trois mille ans qu’il se cache sous un tapis de plantes. De tous ceux qui vivent aujourd’hui à la surface d’Arrakis, nous sommes les deux seuls à avoir contemplé le désert des origines.

Idaho regarda de nouveau Onn.

— Où est le Mur du Bouclier ? demanda-t-il.

— La Brèche de Muad’Dib se trouve là-bas, à l’endroit exact où nous avons construit la Cité.

— Cette ligne de collines basses ? C’est ça, le Bouclier ? Qu’est devenu le mur ?

— Tu marches dessus.

Idaho regarda Leto, puis la chaussée sous ses pieds et le paysage qui l’entourait.

— Mon Seigneur, pourrions-nous reprendre la route ? demanda Moneo.

Moneo, avec cette horloge qui fait tic-tac dans sa poitrine, est le fidèle gardien du devoir, songea Leto. Il y avait d’importants visiteurs à voir ainsi que quelques autres affaires urgentes. Le temps pressait pour Moneo. Et il n’aimait pas que son Empereur-Dieu s’attarde à parler du passé avec les Duncan.

Leto se rendit soudain compte qu’il s’était arrêté plus longtemps que jamais à cet endroit. Les courtisans et les gardes commençaient à avoir froid après la marche. Certains s’étaient vêtus plus pour la parade que pour la protection.

Peut-être que la parade, se dit Leto, est une forme de protection.

— Il y avait des dunes, murmura Idaho.

— Qui s’étendaient sur des milliers de kilomètres, renchérit Leto.

Moneo bouillonnait intérieurement. Il avait l’habitude des longues méditations de l’Empereur-Dieu, mais aujourd’hui elles lui semblaient empreintes de tristesse. Peut-être à cause de la mort du dernier Duncan. Parfois, Leto laissait échapper des informations importantes quand il était triste. On ne mettait jamais en question les humeurs ou les caprices de l’Empereur-Dieu, mais parfois on pouvait les mettre à profit.

Il faudra avertir Siona, se dit Moneo. Si cette jeune écervelée daigne m’écouter !

Elle était bien plus révoltée qu’il ne l’avait jamais été. Sans comparaison. Leto n’avait pas eu de mal à apprivoiser son Moneo, à le sensibiliser au Sentier d’Or et aux légitimes devoirs pour lesquels sa naissance le conditionnait. Mais les méthodes utilisées pour le père ne seraient pas forcément valables avec la fille. En observant cette évidence, Moneo avait appris, sur sa propre formation, des quantités de choses qu’il n’aurait jamais soupçonnées avant.

— Je ne retrouve plus aucun repère, était en train de dire Idaho.

— Regarde bien là-bas, fit Leto en tendant le doigt. Juste à l’endroit où la forêt prend fin. C’était le chemin du Rocher Brisé.

Moneo fit abstraction de leurs voix. C’est l’extrême fascination exercée par l’Empereur-Dieu qui m’a mis finalement à ses pieds. Leto ne cessait jamais d’étonner et de stupéfier. On ne pouvait jamais véritablement prévoir ses réactions.

Le majordome regarda le profil de l’Empereur-Dieu. Qu’est-il donc devenu ?

Dans le cadre de ses attributions précédentes, Moneo avait eu l’occasion d’étudier les archives privées de la Citadelle, contenant l’explication historique de la métamorphose de Leto. Mais la symbiose avec la truite des sables demeurait un mystère que les propres mots de l’Empereur-Dieu étaient incapables de rendre clair. D’après ces documents, la peau de truite rendait son corps pratiquement invulnérable aux agressions, y compris celles du temps. Et le ver annelé pouvait même absorber sans dommage une décharge de laser !

D’abord les truites, ensuite le ver… cela fait partie du grand cycle qui a produit l’épice. Et ce cycle était toujours présent à l’intérieur de l’Empereur-Dieu… battant la mesure.

— Allons-y, déclara Leto.

Moneo s’aperçut qu’il avait dû manquer quelque chose. Il émergea de sa rêverie sous le regard amusé de Duncan Idaho.

— C’est ce qu’on appelait autrefois être dans les nuages, lui dit Leto.

— Je suis navré, Mon Seigneur. J’étais…

— Dans les nuages, oui. Mais ce n’est pas grave.

Il paraît de meilleure humeur, se dit Moneo. Je suppose que c’est au Duncan qu’il faut attribuer cela.

Leto changea de position sur le chariot, referma une partie du capot-bulle en ne laissant ressortir que sa tête. Puis il mit en marche le véhicule qui fit crisser les cailloux sur la chaussée.

Idaho prit position à côté de Moneo et ils trottèrent ensemble en arrière du chariot.

— Il y a des coussins de suspension sous ce chariot, déclara Idaho. Pourquoi se sert-il des roues ?

— Il plaît au Seigneur Leto d’utiliser les roues au lieu de l’antigravité.

— Comment marche cet engin ? Comment le dirige-t-il ?

— Vous ne le lui avez pas demandé ?

— Je n’en ai pas eu l’occasion.

— Le Chariot Royal est de fabrication ixienne.

— Qu’est-ce que cela signifie ?

— On dit que le Seigneur Leto conduit son chariot simplement en pensant d’une certaine manière.

— Vous ne savez rien de plus ?

— Il n’aime pas qu’on lui pose ce genre de questions.

Même pour ses proches, pensa Moneo, l’Empereur-Dieu demeure un mystère.

— Moneo ! appela Leto.

— Vous feriez mieux de retourner auprès de vos gardes, conseilla le majordome en faisant signe à Idaho de demeurer en arrière.

— Je préférerais me trouver devant avec elles, dit le Duncan.

— Le Seigneur Leto s’y oppose. Restez en arrière.

Moneo s’empressa de se placer à proximité du visage de Leto, non sans avoir remarqué que le Duncan se laissait dépasser par les courtisans pour rejoindre l’arrière-garde des Truitesses.

Leto baissa les yeux vers Moneo.

— Je constate que tu t’en es très bien sorti, Moneo.

— Merci, Mon Seigneur.

— Sais-tu pour quelle raison le Duncan voudrait marcher en tête ?

— Naturellement, Mon Seigneur. Ce serait la place normale de votre escorte.

— Et le Duncan sent le danger.

— Je ne vous comprends pas, Mon Seigneur. Je ne comprends pas pourquoi vous agissez ainsi.

— C’est exact, Moneo.

 

L'Empereur-Dieu de Dune
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